Jacques GUGLIELMETTI
(Jura)

  

J'ai été bercé très tôt par le son de l'accordéon de mon père qui répétait le soir pour préparer ses bals du week-end suivant qu'il animait avec son orchestre musette. J'ai joué de l'accordéon dès l'âge de 4 ou 5 ans pour faire comme papa, mais avec un accordéon découpé dans du carton et retenu autour du cou par une ficelle. Mon premier petit 3 rangs est arrivé peu après.

J'ai découvert André lors d'un gala à Censeau à la fin des années 50, j'avais 10 ans, c'était de la folie ! Une foule énorme, 3 bals montés étaient installés bout à bout. Nous avons mis une heure pour approcher la scène et enfin j'ai découvert un orchestre qui occupait tout l'espace ; fini les musiciens figés derrière leurs pupitres ! Et André, tout en blanc, qui fixait la cadence, enchaînant les morceaux avec une virtuosité incroyable et inconnue jusque là. Ce fût une révélation. J'avais donné à mon père un microsillon (le millionième disque) pour le faire dédicacer, mais après la traversée du bal mon disque avait pris la forme de sa poitrine. Lorsqu'il put enfin approcher des coulisses, André éclata de rire et lui dit "tu n'as plus qu'à le mettre sous une grosse pile de livres".

Notre deuxième rencontre eu lieu 2 ans plus tard, à Conliège ; ce jour là  j'ai eu le privilège de faire le trajet entre le restaurant et le bal dans la Mercedes noire d'André sur la banquette avant entre mon idole et mon père ; j'étais fier mais aussi très ému.

Je l'ai revu de nombreuses fois depuis, je n'ai raté aucune de ses émissions à Radio Luxembourg, Europe 1 ou à la TV et près d'un demi-siècle plus tard, il faut bien admettre qu'il a été très souvent imité, mais jamais égalé, n'en déplaise à ses détracteurs.

André c'est d'abord un formidable interprète qui a réinventé la manière de jouer de l'accordéon avec un style qui lui est propre : le style Verchu que j'adore. (Comme Obélix, André a dû tomber dans une marmite de triples croches quand il était petit !)

Mais André, c'est aussi un compositeur exceptionnel, capable de créer des morceaux populaires comme "les fiancés d'Auvergne", mais aussi de composer des chefs d'œuvres comme "perles de rosée".

Amateurs d'accordéon, écoutez les yeux fermés "Amour de valse" ou "style musette" et vous comprendrez pourquoi il est unique !

Et puis derrière l'immense vedette, il y a l'homme grand résistant. C'est très émouvant de l'entendre parler de cette période noire, et pour mieux comprendre ce qu'il a supporté, il faut lire le livre de Ch. Bernadac "Le train de la mort".

Je me demande parfois s'il n'est pas plus fier de son comportement héroïque que de sa carrière exceptionnelle…

Merci André Verchuren, vous êtes un grand Monsieur !

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ligneptebl.jpg (10320 octets) Zone de Texte: Avec André à Beaufort

 

 

 

 

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