André Verchuren, un octogénaire pétillant de malice.
 

André Verchuren : un DVD aux Dryades
 
A plus de 80 ans, André Verchuren, le plus célèbre accordéoniste français, qui découvrit Buzançais en 1940, vient d'enregistrer dix-huit titres aux Dryades, pour un prochain DVD.

 

L'exode, le train de la mort, Dachau, cinq fois au poteau d'exécution, deux accidents de la route dont un mortel pour son épouse : André Verchuren se dit un survivant depuis 65 ans, ce qui fait de lui un homme heureux. Et le bonheur lui sourit. Toute sa vie, « malgré les orages », est une « aventure merveilleuse » qui continue. Il vient, deux jours durant, d'enregistrer aux Dryades de Pouligny-Notre-Dame, dix-huit titres d'un nouveau DVD à sortir en septembre chez Lancosme Multimédia, avant de remonter dare-dare à Paris pour un prochain gala.

Un de plus qui s'ajoutera aux «dix mille galas déjà enregistrés et quarante millions de danseurs» qu'il a réjouis depuis qu'il touche les boutons d'un accordéon.

Sa vie est magique. «Mon premier bal, je l'ai fait à 6 ans. Mon père était accordéoniste.» Il devient champion du monde à 14 ans.

En 1940, c'est l'Exode. «Avec mes parents on est tombé en panne sèche à Buzançais au milieu de six mille autres. On logeait dans une grange à la sortie du bourg, vers Châteauroux. On y est resté deux mois. Un jour le curé nous a permis de faire un bal avec mon accordéon dans l'église : il n'y avait pas de salle communale.»


Le bal de Colombey


La suite ? Résistance, dénonciation, torture gestapiste et le train de la mort en 1944 : « sur 2.600 prisonniers dans des wagons à bestiaux, il y eut 1.000 morts. Le 14 juillet 1944, à Dachau, je suis monté sur une table et j'ai entonné La Marseillaise, reprise en chœur par tous les autres. » Risqué ! Un certain Edmond Michelet, également prisonnier, se le fait présenter. L'amitié les liera. Il a connu cinq fois les mains liées, le bandeau sur les yeux, le dos au mur, face au peloton d'exécution. Ses distinctions attestent de son engagement.

Devenu garde des Sceaux du Général de Gaulle, Michelet demandera à Verchuren d'animer, un jour, le bal de l'école à Colombey-les-deux-Églises : 3.000 spectateurs.

Au retour de captivité, Verchuren reprend les galas. J'ai eu la chance de devenir animateur à Radio Luxembourg pendant dix-sept ans puis à Europe 1 avec Jean-Pierre Foucault, tout jeune animateur. Comme j'avais l'antenne, je composais.


Pour “ Tristesse ” de Chopin les 1.700 spectateurs étaient debout


«“ Les fiancés d'Auvergne ” est né en 1961 alors qu'arrivaient dans le milieu Johnny Halliday, Eddy Mitchell, Michel Sardou. Je suis resté treize mois de suite N°1 au hit parade avec cet air.»

Ont suivi «le Petit chapeau tyrolien», «Ah ! si j'étais resté célibataire», «Le chouchou de mon cœur»… «J'ai enregistré plus de 4.000 titres et vendu plus de soixante-dix millions d'albums.»

A plus de quatre-vingts ans, André Verchuren n'a pas reposé le piano à bretelles. Il s'est refait l'Olympia en septembre dernier. Celles et ceux qui l'ont connu depuis l'après-guerre le plébiscitent toujours. «Le DVD contiendra des classiques, des airs personnels. Plus d'une heure de musique» et un reportage retraçant la carrière du plus célèbre accordéoniste français vivant.

Michel DUTERME
 

 

© Copyright La Nouvelle République 2004                                                                                        Samedi 19 juin 2004

 

 

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